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Document stratégique pour la réduction de la pauvreté (DSRP)

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RESUME EXECUTIF

 

Le Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté Intérimaire (DSRP-I) a été élaboré au mois de novembre 2000 et a permis à Madagascar de bénéficier de l'Initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (IPTTE) avec une réduction du service de la dette à hauteur de 50 millions US$ par an. 

Le processus d'élaboration du DSRP complet  a redémarré en septembre 2002 après les évènements politiques de janvier à août 2002. 

Le Document de Stratégie de réduction de la Pauvreté (DSRP) est le fruit d’un processus participatif soutenu et impliquant  toutes les forces vives de la nation: administration, élus, partis politiques, opérateurs économiques, société civile, organisations non gouvernementales, groupements professionnels et confessionnels. Divers ateliers thématiques, régionaux et de concertation nationale ont été organisés à cet effet de novembre 2000 à mars 2003. 

Le présent document est le résultat de l’amélioration du DSRP intérimaire, compte tenu des nouvelles orientations du Gouvernement. L’objectif est de réduire le taux de pauvreté de moitié dans 10 ans. La stratégie à mettre en œuvre est ambitieuse mais réaliste. Le principe de « partenariat public-privé » jouera un rôle prépondérant. Par ailleurs, cette stratégie s’appuie sur une analyse objective et sur des critères précis, et fera l’objet d’une actualisation annuelle. 

Le document comprend 5 grandes parties. La première présente le cadre général d’intervention du DSRP situant le contexte global et donnant une description et une analyse de la pauvreté. La deuxième définit  les stratégies de lutte contre la pauvreté avec les objectifs globaux. Les programmes ainsi que les actions à mettre en œuvre sont traités dans la troisième partie du document. La quatrième présente les coûts et le financement des programmes à mettre en œuvre. Enfin, la cinquième et dernière partie, quant à elle, décrit les méthodes de suivi et d'évaluation de la stratégie de réduction de la pauvreté. Les plans d‘action des Ministères sont présentés en annexe. 

Analyse et description de la pauvreté 

Le seuil de pauvreté monétaire à Madagascar est évalué à 988.600 fmg  par an par individu en 2001, ce qui donne une proportion de 69.6% de malgaches pauvres. La pauvreté est différente selon les provinces. 

La pauvreté est un phénomène essentiellement rural car 85% des pauvres se trouvent en milieu rural. Les pauvres sont en général issus des ménages dont les chefs sont des petits exploitants agricoles. Les principaux actifs  contribuant le plus directement à la satisfaction des besoins des ménages sont la terre et la main d’œuvre.  L’accès à la terre devient de plus en plus difficile. Sa répartition est inégale, et moins les ménages disposent de terre, plus accentuée est la pauvreté. Quant à la main d’œuvre, le problème se pose en terme de qualification et de sous emploi, lié à une faible durée du temps de travail. Les coûts de la main d’œuvre sont relativement faibles à Madagascar. 

 Les dépenses alimentaires accaparent 70% du revenu de la majorité des malgaches, ce qui leur laisse peu de possibilité pour la satisfaction d’autres  besoins essentiels (santé, éducation, logement…). 

Des facteurs entravent l’augmentation de la productivité des actifs. Il s’agit notamment : (i) du faible dynamisme de l’agriculture lié à la politique agricole et aux contraintes institutionnelles ; (ii) de l’éloignement par rapport aux différents services et marchés réduisant le rendement de la production et (iii) de l’insécurité. 

L’insuffisance des infrastructures économiques contribue fortement à l’aggravation de la pauvreté : routes, transport, poste et télécommunication, énergie… 

Au plan social, beaucoup reste encore à faire pour améliorer l’état de santé de la population. Les maladies infectieuses affectent les enfants malgaches, le sida frappe essentiellement la population d’âges actifs. Les indicateurs de l’enseignement révèlent une situation alarmante de l’éducation. Près de la moitié de la population est analphabète (48%) dont 61% issus du milieu rural (contre le tiers  pour le milieu urbain) et 50,6% de femmes. Enfin, les problèmes portant sur l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et relatifs à l’environnement persistent encore. Chez les ménages les plus pauvres, seuls 7% ont accès à l’eau potable contre 43% chez les plus riches. 

La situation de la pauvreté fait également état d’une défaillance dans la gouvernance qui affecte le système global et l’ensemble des acteurs : l’Etat, la société civile, le secteur privé, les ménages… 

La pauvreté favorise l’adoption de stratégies personnelles au mépris des valeurs traditionnelles,  de la loi, de l’intégrité de la personne humaine et de la préservation de l’environnement. 

L’objectif de développement 

L’objectif de développement consiste à réduire de moitié le taux de pauvreté en l’espace de 10 ans, soit passer du taux actuel de 70% à 35% en 2013, et ce, à travers la promotion d’un développement rapide et durable.  Le concept de moyens d’existence durable est mis au centre de la préoccupation fondamentale de la stratégie de réduction de la pauvreté et il répond tout à fait au défi de rapidité et de durabilité qui préside et doit présider aux principes et actions du Gouvernement. 

La stratégie, basée sur la notion du développement rapide et durable, prend tout son sens puisque le phénomène de pauvreté sévit avec acuité sur la grande majorité de la population. L’absence de stratégies d’ensemble en matière de développement et de protection sociale ou l’inefficacité de celles qui ont pu être menées jusqu’ici ont eu  des retombées négatives, accentuées par la récente crise. Cette situation oblige les autorités ainsi que les différentes entités à réagir et à adopter des stratégies radicales qui soient capables de résoudre au plus vite, au mieux et de façon durable, la problématique de la pauvreté et celle du développement dans son ensemble. 

Les axes stratégiques 

Le diagnostic et l’analyse des caractéristiques de la pauvreté,  les exigences et les impératifs d’un développement rapide et durable pour réduire le taux de pauvreté de moitié en dix ans, les enseignements tirés de la mise en œuvre des programmes antérieurs ainsi que les  recommandations des différents sommets internationaux et/ou régionaux auxquelles Madagascar a adhéré,  ont abouti à circonscrire trois grands axes stratégiques : 

-          Axe n°1 : Restaurer un Etat de droit et une société bien gouvernancée  

-          Axe n°2 : Susciter et promouvoir une croissance économique à base sociale très élargie 

-          Axe n°3 : Susciter et promouvoir des systèmes de sécurisation humaine et matérielle et de protection sociale élargis  

 

Le premier axe regroupe un ensemble d’actions qui ont trait au renouvellement, à l’amélioration, à la modernisation, au renforcement  et au développement d’un cadre institutionnel de bonne gouvernance. L’objectif est d’assurer un environnement favorable au développement rapide et durable, et dont la mise en œuvre constitue  l’une des conditions essentielles au succès de la promotion de la croissance économique. Cet axe permettra à l’Etat d’assumer avec efficacité et dans la transparence son rôle de facilitateur et d’animateur de l’économie

Le deuxième axe consiste à répartir judicieusement et intensifier les moyens de production, définir, promouvoir et mettre en place des cadres d’action de partenariat et/ou de solidarité, définir et mettre en œuvre des systèmes de transfert de compétence technique et professionnelle ainsi que des capacités en matière de recherche. Accélérer la croissance par l’augmentation de l’investissement efficace et par l’ouverture à l’économie mondiale constitue l’objectif du deuxième axe. Le secteur privé y jouera un rôle moteur tandis que le Programme d’Investissement Public (PIP) agira en tant que levier de développement dans l’affectation des ressources. 

Les éléments constitutifs de l’axe 3 portent sur la définition et la mise en œuvre de systèmes de gestion spatialisée et solidaire, de programmes de sécurisation alimentaire, de santé, d’éducation, d'habitat, d'environnement… La Commune servira de point d’ancrage de toutes les actions en tant que principal fournisseur des services de proximité. L’objectif est d’assurer que chaque Malgache puisse bénéficier des fruits de la croissance. 

Programmes de mise en œuvre 

Quinze programmes ont été retenus pour accueillir les différentes actions, allant de l’instauration de la bonne gouvernance (Gouvernance et lutte contre la corruption, Gouvernance et respect de la Démocratie, Gouvernance de proximité…) à l’Education, la Santé en passant par la stabilité macroéconomique et la croissance, le développement des secteurs porteurs, le développement et la densification des infrastructures structurantes. Ces programmes s’appuient sur les actions en cours. Ils prennent par ailleurs en considération les nouvelles orientations du Gouvernement et les recommandations issues des revues de portefeuille de projets. 

Les actions à mener dans les divers programmes sont priorisées suivant les besoins exprimés par chaque Département ministériel. 

Le suivi et l’évaluation des actions menées dans le cadre du DSRP nécessitent le renforcement du processus participatif. L’objectif est de pouvoir disposer en temps réel des éléments d’information ciblés quant à la pertinence et efficacité des programmes mis en œuvre. 

Le système de suivi à mettre en place se propose de capitaliser les travaux d’études et de recherche déjà réalisés en matière de pauvreté et d’entreprendre de nouvelles autres actions en vue de disposer d’un ensemble de données fiables sur le niveau de vie de la population et de l’économie. 

La stratégie de la réduction de la pauvreté appelle en premier lieu une identification plus précise des déterminants de la pauvreté. A cet égard, des efforts  ont été menés dans le cadre des différents travaux d’études et d’enquêtes réalisés principalement par l’Institut National de la Statistique (INSTAT) en  collaboration avec divers partenaires intérieurs et extérieurs. 

Le montage institutionnel proposé veillera à clarifier les différentes tâches assumées par chaque partie  prenante. A cet effet, des structures de pilotage, de coordination et des groupes consultatifs sectoriels seront mis en place telles que la Cellule Technique chargée de l’élaboration et du suivi de la stratégie de la pauvreté. 

Une méthode de suivi participative sera mise en place avec des groupes de travail sectoriels, qui verront la participation des différentes parties prenantes à l'élaboration du DSRP, pour l'analyse des résultats des travaux réalisés par l'INSTAT et ses partenaires. Les groupes de travail sectoriels verront la participation des différentes entités: administration, élus, société civile, opérateurs privés, ONG et associations. Des ateliers participatifs de suivi seront organisés respectivement dans chaque chef lieu de province tous les 6 mois. 

Les coûts des programmes 

Pour réduire de moitié le taux de pauvreté dans 10 ans (taux de pauvreté = 34,2% en 2013 contre 71,6% en 2002 et 68,5% en 2003), le cadrage macroéconomique fait ressortir que les ressources en matière d’investissement public à mobiliser devraient être de 13 390 milliards de FMG (soit environ 1,9 milliards de US$) sur la période 2004-2006 dont les ressources additionnelles à trouver sont de près de 1 milliard de dollars américains. Ces montants correspondent au financement des  actions jugées prioritaires

 

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